Pourquoi le Canada doit relancer un Programme fédéral des immigrants investisseurs structuré face à la « Gold Card » américaine
L’annonce récente du président Donald Trump d’un visa Gold Card à 5 millions de dollars US pour attirer les investisseurs étrangers remet sous les projecteurs l’importance des programmes d’immigration par investissement. Alors que les États-Unis cherchent à capter ces capitaux pour financer leur déficit, le Canada ne peut plus se permettre d’être absent du marché de l’immigration économique.
L’ancien Programme fédéral des immigrants investisseurs (FIIP), suspendu en 2014, avait pourtant permis d’attirer plus de 2,67 milliards de dollars entre 2007 et 2011. Aujourd’hui, des organisations comme l’Investment Industry Association of Canada (ACCVM) recommandent vivement sa relance, en l’adaptant aux défis économiques actuels. Voici pourquoi un nouveau programme est essentiel et comment il pourrait être structuré pour maximiser son impact.
Un marché mondial compétitif : le Canada doit se positionner
L’arrêt du FIIP a laissé un vide que d’autres pays ont rapidement comblé. Depuis 2014, le programme américain EB-5 a attiré plus de 10 milliards de dollars US d’investissements et généré plus d’un million d’emplois. D’autres nations, comme le Portugal avec son Golden Visa, ont utilisé ces programmes pour dynamiser leur économie et attirer des talents fortunés.
Le Canada, avec ses nombreux atouts – stabilité politique, qualité de vie, système de santé et éducation de haut niveau – a tout pour redevenir une destination de choix pour ces investisseurs internationaux. Cependant, pour être compétitif, il doit moderniser son approche et éviter les erreurs du passé.
Les leçons de l’ancien FIIP : ce qui doit changer
Le FIIP était un programme attrayant, mais il souffrait de plusieurs faiblesses :
Montant insuffisant par investisseur : Le programme imposait un prêt de 400 000 $ à 800 000 $, remboursable sans intérêts après 5 ans. Ce montant était trop faible pour un impact économique réel.
Mauvaise allocation des fonds : Seulement 33 % du capital collecté était réellement investi dans des projets économiques, le reste étant immobilisé en placements à faible rendement.
Concentration géographique : Les investissements étaient principalement dirigés vers les grandes métropoles, accentuant la spéculation immobilière plutôt que la création d’emplois.
Ces points doivent être corrigés dans une version modernisée du programme.
Un modèle hybride : une solution pour maximiser l’impact économique
Plutôt que de revenir à un simple prêt remboursable, un nouveau FIIP devrait être basé sur un modèle hybride inspiré des meilleures pratiques internationales :
Un investissement structuré et productif
Proposition : un investissement de 1 000 000 $ CAD, composé de :
800 000 $ remboursables après 5-7 ans (à taux zéro, avec décote).
200 000 $ non remboursables, injectés dans l'économie sous forme de contributions directes à des secteurs clés comme :
L’innovation et les startups
L’infrastructure et le logement abordable
La transition écologique
2. Une répartition géographique intelligente
Contrairement à l’ancien FIIP, ce programme doit bénéficier à toutes les provinces, en favorisant les investissements dans les régions qui ont besoin de diversification économique, comme le Canada atlantique, les Prairies ou le Nord de l’Ontario.
3. Une transparence et une gestion améliorées
➡️ Le programme devrait être géré en partenariat avec des institutions financières réglementées (membre OCRI), garantissant :
Un strict contrôle des fonds (règles anti-blanchiment, Know Your Client).
Une meilleure allocation des investissements en fonction des besoins du pays.
Les avantages économiques d’un FIIP modernisé
Selon l’ACCVM, si le Canada admettait 4 000 investisseurs par an avec ce modèle, cela générerait immédiatement :
4 milliards de dollars en investissements directs étrangers (FDI).
1 milliard de dollars injectés directement dans l’économie grâce aux contributions non remboursables.
Sans compter les retombées secondaires :
✅ Achat de propriétés et de biens durables (favorisant la construction et le commerce).
✅ Création d’emplois et stimulation du secteur des services.
✅ Attraction de nouveaux talents et entrepreneurs au Canada.
Conclusion : un programme à relancer sans tarder
L’immigration par investissement peut être un puissant levier économique si elle est bien conçue. L’arrêt du FIIP en 2014 a coûté au Canada des milliards de dollars en investissements perdus, au profit des États-Unis et d’autres pays.
Avec un modèle hybride intelligent, le Canada pourrait redevenir une destination de choix pour les investisseurs fortunés, tout en garantissant un impact économique positif à long terme.
Le gouvernement canadien doit agir rapidement pour :
Relancer un programme pilote sur 2-3 ans, inspiré des meilleures pratiques.
S’assurer que l’argent collecté finance des projets stratégiques pour l’avenir du pays.
Offrir aux investisseurs un cadre sécurisé, structuré et attractif.
La Gold Card américaine nous rappelle que la concurrence mondiale est féroce. Le Canada ne peut pas rester en retrait. Une nouvelle version du FIIP bien pensée pourrait rapporter plusieurs milliards à l'économie, tout en renforçant son attractivité auprès des talents et entrepreneurs internationaux.